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OCIM s’engage à promouvoir un modèle de développement durable pour le secteur aurifère artisanal et à petite échelle

L’exploitation minière artisanale et à petite échelle (ASGM) est une partie intégrante de l’industrie aurifère dans son ensemble. Dans ce secteur, elle compte pour près de 20% de l’offre globale d’or, avec un volume proche de 35 milliards de dollars par an. Mieux, elle constitue le principal moyen de subsistance pour des millions de personnes à travers le monde, qu’il s’agisse de mineurs individuels et de leurs familles ou d’opérateurs plus mécanisés. L’International Council on Mining and Metals (ICMM) estime que près de 100 millions de personnes dépendent directement ou indirectement de l’ASGM et que ce secteur ne cesse de croître. En enrichissant la demande pour de nombreux biens et services, l’AGSM permet enfin de générer des flux de revenus cruciaux pour un grand nombre de communautés, où les opportunités sont souvent rares. OCIM Precious Metals est résolu à jouer un rôle actif pour soutenir ce segment de l’industrie minière et pour contribuer à la trans-formation sociale et économique qu’il induit, tout en restant fidèle aux fondamentaux de son modèle économique.

Le tableau : un secteur artisanal souvent controversé
L’ASGM est un secteur controversé, souvent perçu défavorablement comme une source d’externalités sociales et environnementales négatives, à commencer par le travail des enfants et l’usage de mercure, un métal hautement toxique. Historiquement, il a aussi été associé à la corruption, au blanchiment d’argent et à d’autres activités illicites. Dans certains cas, cette perception a été méritée. Mais dans bien d’autres, elle ne l’était pas, cette mauvaise réputation cachant en réalité les barrières presque infranchissables dont pâtissaient ces mineurs pour accéder à la finance formelle.

La principale de ces barrières découle du statut informel (voir parfois illégal) de nombre d’opérations. Les investisseurs sont en effet dans l’incapacité de signer quelque accord que ce soit avec un opérateur qui sort d’un strict cadre légal. Et même quand les opérateurs AGSM parviennent à légaliser leur statut, ils peinent souvent à répondre aux due diligences exigées par les bailleurs de fonds. La conformité aux standards environnementaux, sociaux et en matière de gouvernance (ESG), ainsi qu’aux exigences financières de base, constituent autant d’obstacles insurmontables, dans un contexte où un grand nombre d’opérateurs artisanaux peinent encore à documenter cette conformité. Le manque d’expérience et d’informations sur la vie des affaires est une autre difficulté. Rares sont les opérateurs artisanaux à être familiers avec les structures financières, leurs disponibilités et leurs incidences. Enfin, la taille est une autre barrière à l’entrée très courante. Beaucoup d’opérateurs sont en effet trop petits, manquent de garanties et pâtissent de coûts de transaction prohibitifs.

D’une façon générale, cette inadéquation entre une myriade de conditions demandées par la finance formelle et la dure réalité des opérateurs artisanaux, voire la perception d’une impossibilité à se conformer aux exigences des due diligences telles qu’elles sont formalisées par l’OCDE, résulte d’un manque de produits financiers réellement adaptés aux besoins spécifiques du secteur minier artisanal.

Heureusement, les temps changent pour le secteur artisanal
Au cours des dernières décennies, les gouvernements à travers le monde ont reconnu que le secteur artisanal pouvait générer de substantielles sources fiscales, ainsi qu’un grand nombre d’emplois, même dans les zones reculées. Grâce au soutien de la Banque mondiale, des agences de développement et de donateurs, des progrès importants ont ainsi été faits pour formaliser le secteur minier artisanal. L’Amérique Latine en général, et le Pérou en particulier, ont été particulièrement en pointe dans cette transformation.

Conséquence de ces efforts concomitants, il est désormais largement accepté que pour jouer son rôle de catalyseur économique, le secteur artisanal exige des transferts de connaissances et un accès approprié à la finance, qui permettront en retour le déploiement de technologies plus propres et plus efficaces et au final, une gestion environnementale plus saine. Avec l’intérêt croissant de la communauté internationale, l’accès à la finance des opérateurs artisanaux commence désormais à s’élargir.

L’accès à la finance peut être aussi informel que les mineurs eux-mêmes…
Historiquement, en l’absence de finance, les mineurs artisanaux nouent des relations avec des financiers informels, communément appelés des “intermédiaires”. Bien que souvent injustes et peu scrupuleux, ces arrangements informels ont toutefois un avantage : ils permettent un accès facile et rapide à l’argent, souvent une nécessité pour survivre et nourrir les familles.

La microfinance a également été testée dans l’exploitation minière artisanale, mais avec des succès variés. Les acteurs financiers se sont en effet souvent focalisés sur la robustesse financière de l’emprunteur, plus que sur ses connaissances et son expérience, ce qui a pu engendrer des acquisitions d’équipements inappropriés et finalement, l’incapacité de l’emprunteur à honorer les échéances de son crédit.

Afin d’adresser ce besoin d’éducation et de suivi, plusieurs gouvernements ont proposé aux opérateurs artisanaux des programmes de financement public. Quelques pays ont ainsi mis de côté des fonds dédiés à ce secteur, issus à la fois de leurs budgets de développement et des revenus issus des ventes de permis, des redevances et des exportations. Toutefois, beaucoup de ces programmes se sont révélés infructueux, du fait d’une combinaison entre une mauvaise gestion de ces fonds, de retards de remboursement et d’un manque de suivi.

Compte tenu du succès inégal de ces initiatives publiques, un grand espoir a été placé dans la finance publique-privée, qui combine des instruments de financements publics et des financements issus de structures commerciales dans le cadre de modèles mixtes. Ces derniers se sont révélés plus efficaces, notamment du fait d’un meilleur suivi des opérations minières, ainsi que d’une meilleure conformité aux critères ESG et aux autres exigences. Les partenariats Public-Privé ont aussi bénéficié aux mineurs à petite échelle. Un des exemples les plus emblématiques est Sotrami S.A. au Pérou, qui, grâce à un crédit de 1,3 million de dollars octroyé par l’Impact Finance Fund, est passé d’une communauté artisanale de 165 mineurs à une coopérative de plus de 1.000 membres générant des revenus de près de 50 millions de dollars.

L’investissement capitalistique dans le secteur artisanal est encore rare et quand il existe, il est connecté à une chaîne de valeur aurifère dépourvue de conflits et parfois d’instruments financiers avancés, comme la tokenisation de l’or. Les relations d’affaires entre les mineurs artisanaux et les grandes compagnies aurifères constituent une autre forme d’assistance financière et, surtout, de transfert de compétences.
Les sociétés les plus installées comprennent en effet de mieux en mieux les défis de cette industrie et, comme ils opèrent dans les mêmes régions que les mineurs artisanaux, ils peuvent mettre en place des dispositifs mutuellement bénéfiques, comme la mise en place d’unités de traitement de petite taille qui permettent aux acteurs artisanaux de bénéficier de services de traitement pour le minerai qu’ils extraient.

Pérou : un pays à l’avant-garde de l’exploitation minière artisanale

L’industrie minière est très importante pour le Pérou et il en a été ainsi de tous temps. Le secteur contribue en effet de façon très importante à l’économie du pays et compte pour près de 15% de son PIB, 60% de ses exportations et plus de 50% de ses investissements étrangers.

Avec des richesses en sous-sol considérables et variées, le Pérou est un des pays miniers les plus importants au monde. Le pays héberge une large proportion des réserves globales en argent, en cuivre, en zinc, en molybdène, en plomb et en or. Il est le premier producteur à la fois d’or et d’étain. L’histoire minière du pays date de bien avant l’arrivée des Espagnols, lorsque la civilisation péruvienne commençait tout juste à prospérer et que l’or était récupéré à partir de dépôts alluviaux dans les rivières andines, près de 1200 ans avant J.C. De ce point de vue, l’activité artisanale à petite échelle est une activité locale résolument ancestrale.

Dans une succession de civilisations débutant avec celle dite de Chavin, l’activité minière et les savoirs-faires d’orfèvrerie se sont développées durant 2500 ans et ont particulièrement prospéré pendant l’empire Chimu, dans le Nord du pays. Les artisans de cette époque étaient particulièrement avancés, développant des savoirs-faires en matière de plaquage, de soudure et d’alliage.

Les Incas, comme d’autres peuples andins, se réfèraient ainsi à l’or comme à la « transpiration du soleil », la plus sacrée des divinités. Avec une telle histoire et de telles traditions, il n’est pas surprenant que le secteur minier artisanal péruvien soit un des plus développés dans le monde. Depuis le début des années 1980, ce dernier a même connu une forte hausse de ses opérations, tandis que le gouvernement mettait en place une législation ambitieuse et s’attelait à formaliser le secteur. C’était, et c’est toujours, une démarche au succès inégal. Mais cela n’empêche pas le Pérou de compter aujourd’hui 88.000 mineurs artisanaux opérant dans un cadre légal et qui ont aujourd’hui besoin de traiter leur minerai au sein d’unités légales et indépendantes. Le volume de minerai produit par ces mineurs est estimé à au moins 15,000 tonnes par jour, avec une à une teneur moyenne de 0.5 onces par tonne.

La solution d’OCIM: le modèle de traitement
Dans le but de contribuer à la transformation du secteur artisanal et à faciliter son accès à la finance formelle, OCIM Precious Metals a mis en place des solutions de financement novatrices visant à procurer les capitaux nécessaires aux opérations de traitement de minerai aurifère. Le processus de traitement de minerai est un accord dans le cadre duquel une tierce partie usine la matière brute, en l’occurrence le minerai aurifère, pour extraire de la roche l’or contenu sous forme de « doré ». Le traitement de minerai a existé depuis aussi longtemps que les mines ont été exploitées. L’idée est finalement assez simple : quelqu’un achète à un mineur son minerai, traite ce dernier et se rémunère en le revendant sous forme de produit fini. Si ce procédé peut-être reproduit sur quasiment n’importe quel métal, l’or est le plus commun. Le profit recherché (mais pas toujours atteint) est de l’ordre de 15% à 20%.

Approvisionnement
Le succès d’une opération de traitement de minerai repose fortement sur la régularité de son approvision-nement, qui dépend elle-même de la qualité des relations liées avec les mineurs artisanaux, notamment en matière de transparence, de politique de tarification et d’incitations diverses.

Transparence
Les mineurs se tournent toujours vers les unités de traitement auxquels ils font le plus confiance et pour lesquels ils savent qu’ils seront payés pour leur minerai de façon juste et à coup sûr. Dans cette industrie, souvent marquée par la méfiance, le fait de permettre aux mineurs d’observer par eux-mêmes la procédure d’évaluation et d’analyse de leur minerai, voire même de le faire de façon indépendante s’ils le souhaitent, est une des clés de succès pour ces opérations.

Tarification
Dans le but de maintenir des relations durables et un approvisionnement régulier de minerai, les entreprises de traitement utilisent des modèles de tarification conçus dans le but de leur procurer une certaine rentabilité-cible, mais aussi pour accorder aux mineurs un prix raisonnable. Ces derniers obtiennent ainsi une rémunération équitable, ainsi qu’un paiement rapide et efficace. Pour y parvenir, les entreprises de traitement doivent détenir au préalable les capitaux nécessaires pour être en mesure de payer dès la livraison, limitant ainsi le temps d’attente pour les mineurs.

Valeur ajoutée
En plus d’un simple paiement au comptant, les entreprises de traitement offrent souvent aux mineurs artisanaux d’autres incitations, de façon à leur apporter un surplus de valeur. Ces incitations peuvent aller d’un micro-crédit à l’achat d’équipements, tous deux destinés à les accompagner dans la transformation de leur activité vers le secteur formel et à les amener vers les meilleures pratiques environnementales. Certaines de ces entreprises cherchent même à s’associer à des organisations publiques ou à des associations, afin d’as-sister leurs fournisseurs dans cette transformation et d’en faire des partenaires privilégiés.

Proximité
Alors que les mineurs artisanaux sont amenés à se déplacer sur de longues distances, parcourant parfois jusqu’à 1.000 kilomètres pour atteindre l’unité de traitement de leur choix, une localisation stratégique à proximité des opérations minières est d’une importance primordiale.

Métallurgie
En plus de la sécurisation d’un approvisionnement régulier en matière brute, un autre défi important auquel font face les entreprises de traitement sont la métallurgie et la récupération. A la différence des mineurs traditionnels, qui connaissent bien leur gisement, maîtrisent leurs volumes et sont en mesure de planifier leur production, les unités de traitement reposent sur des centaines de fournisseurs produisant à des taux différents, à des teneurs variées et en provenance de gisements ayant chacun des propriétés métallurgiques uniques. Le succès des opérations de traitement de minerai dépend ainsi grandement de leur capacité à identifier un flux de matière brute optimisé pour une unité de traitement générique. Ce flux dépend lui-même de la capacité à établir de façon adéquate la teneur de minerai livrée et par conséquent, à parvenir au taux de récupération ciblé. La plupart des acteurs visent un taux de récupération de l’or compris entre 90% et 95%, que seules des relations de long terme avec les fournisseurs et une longue expérience de traitement de minerai d’origines diverses permettent d’obtenir.

OCIM finalise une facilité de financement de 2,5 millions de dollars US avec Inca One (TSX-V: IO)
OCIM Precious Metals SA a récemment octroyé à One Gold Corp une facilité de 2,5 millions de dollars US, qui permettra à ce dernier de financer son exploitation et ses achats de minerais, avec l’objectif de transformer cet accord en un financement à la fois renouvelable, plus conséquent et à long terme. Inca One opère deux unités de traitement de minerai d’or situées au Pérou. La société a produit près de 25.000 onces d’or en 2019 et a généré plus de 100 millions de dollars de chiffre d’affaires au cours des 5 dernières années. Inca One a une capacité de traitement combinée de 450 tonnes de minerai par jour, capacité la plus élevée au Pérou, à travers ses deux unités intégrées : Chala One et Kori One.

Koricancha, aussi appelée l’usine Kori One
Kori One est une unité de traitement pleinement opérationnelle mettant en œuvre un circuit de lixiviation au charbon actif via son propre laboratoire métallurgique et chimique et ses unités de désorption et de fusion. Elle est stratégiquement située dans la région d’Arequipa, dans le Sud du Pérou, à 10 minutes de la Pan American Highway et au cœur de la « Nazca-Ocona gold belt, une zone aurifère très concentrée et de grande qualité. Localisée dans un environnement désertique, sur un terrain de 42 acres (17 hectares) offrant d’amples possibilités d’agrandissement. Kori One a été construit et est homologué pour un volume quotidien de 350 tonnes de minerai par jour et a traité une moyenne quotidienne de 135 tonnes depuis janvier 2018, lorsqu’elle a été achetée à Equinox Gold. Lorsqu’elle tournera à plein régime, l’unité de traitement de Kori-One aura un potentiel de production de 50.000 à 75.000 onces d’or par an.

L’unité de Chala One
Située à Chala, à 47 kilomètres de Koricancha, Chala One a été racheté en 2013. L’unité a commencé sa production commerciale le 1er février 2015, après avoir augmenté sa capacité de traitement de minerai à 100 tonnes par jour. En 2017, après avoir finalisé les analyses environnementales et opérationnelles, Chala One est devenu une unité de traitement pleinement homologuée par les autorités. Avec la finalisation de cette procédure d’homologation, Inca One est même la première entreprise de traitement cotée à être parvenue à obtenir son permis dans le cadre de la nouvelle législation péruvienne. Aujourd’hui, Chala One est une unité de traitement minier « full service », avec des possibilités de pesée, d’échantillonnage et de test sur site, ainsi que de concassage, de lixivation, de manutention, de désorption, de fusion et d’évacuation des résidus. Inca One a signé des accords (LOA) de livraisons multiples de minerai avec plusieurs mineurs artisanaux. La société vise une proportion de 50% de ses livraisons programmées sous forme de LOA, l’autre moitié provenant d’achats spots. Grâce à la mise en place de cette facilité renouvelable de la part d’OCIM, Inca One se donne pour objectif d’accroître sa production à 300 tonnes par jour dans les 12 prochains mois et jusqu’à 450 tonnes d’ici à 24 mois. Au maximum de ses capacités, l’unité d’Inca One pourra produire 75.000 onces d’or par an et générer un chiffre d’affaires de 140 millions de dollars par an, en prenant l’hypothèse d’un prix moyen de l’once à 1.850 dollars.

Dans des pays comme le Pérou, avec une large activité artisanale, le besoin de capacités de traitement centralisées et indépendantes est particulièrement élevé. En finançant des entreprises comme Inca One, OCIM cherche à contribuer à la transformation du secteur aurifère artisanal et à petite échelle, tout en répondant aux exigences de son modèle économique et en soutenant des équipes dirigeantes expérimentées résolument impliquées dans l’amélioration des conditions de travail et de vie des mineurs artisanaux.

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